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La belle histoire de Thales - Saison 4 - Épisode 06
Thales à l’International
Allemagne
1990 : après la chute du mur de Berlin fin 1989, l’industrie de défense allemande, à de rares exceptions (Diehl, Wegmann, ESG), se compose de divisions de faible importance situées au sein de grands groupes civils (Daimler-Benz, Siemens, Thyssen, Preussag, Rheinmetall, Mannesmann, Metallgesellschaft…).
Participer à l’effort de défense apparaît à l’époque comme un devoir civique.
La procédure d’importation et certaines opérations industrielles sont alors confiées à des industriels allemands partenaires (Siemens pour les systèmes de missiles Patriot de l’américain Raytheon, par exemple).
Quelques implantations étrangères de taille modeste sont autorisées sur le sol allemand :
• TEK, filiale de Thomson-CSF, qui assure la logistique de radars importés ;
• SEL, filiale d’Alcatel, qui n’est pas considérée comme une entreprise de défense ;
• Honeywell/Sondertechnik, Litef, CAE, ELT, Steinheil Optronik (filiale de BAe).
DASA,[1] filiale de Daimler-Benz, et Thomson-CSF vont mettre en commun certaines activités avec un site dans chaque pays :
- Armement (1994) avec TDW en Allemagne (jusqu’en 1997) et TDA en France,
- Propulsion de missiles (1994) avec Bayern Chemie en Allemagne et Protac en France,
- Circuits intégrés AsGa (1996) avec UMS et ses deux implantations à Ulm et Orsay.
Du côté allemand, ces alliances sont provoquées par la baisse brutale du budget de défense, dès 1993, qui oblige notamment BAe à fermer Steinheil, faute de commandes, en 1995.
Malgré cette baisse, Thomson-CSF va reprendre, en 1997, les activités navales de DST (Deutsche System-Technik), ancienne filiale de Philips; [2] mais elle le fait par le biais de Signaal, dans le cadre très précis de la coopération germano-néerlandaise sur les frégates.
Cette acquisition compense, en quelque sorte, la fermeture de l’usine de Gronau de Signaal, peu de temps après sa reprise par Thomson-CSF.
Au total, en 1997, le groupe contrôle moins de 2 % du budget allemand d’équipement de défense, mais la situation de l’industrie allemande s’est profondément modifiée.
La chute du mur de Berlin et la disparition de la menace soviétique rendent inutile l’effort civique de défense demandé aux grands groupes industriels. Ceux-ci annoncent leur intention de quitter le domaine ou de rechercher des alliances structurelles hors d’Allemagne.
Deux évènements importants se produisent en 1996/1997 :
- La reprise de l’électronique de défense de Siemens par DASA ;
- L’alliance de Rheinmetall et du groupe britannique BAe pour reprendre STN-Atlas Elektronik dont la maison-mère, le chantier naval Bremer Vulkan, est en faillite.
Dans le domaine civil, Thomson-CSF acquiert successivement un certain nombre d’activités :
- Les tubes hyperfréquences de Siemens, qui rejoignent Vélizy en 1993 ;
- Les antennes de radiodiffusion d’ABB, à Mannheim en 1993 ;
- Les tubes professionnels (hyperfréquences, grille et image) de AEG-Telefunken à Ulm en 1996 ;
- La SSII Software Union (spécialisée dans l’application des progiciels SAP et très présente dans le milieu bancaire) en 1996.
En 1999, l’activité de tubes à grille de Siemens est acquise par TTE puis transférée de Berlin à Thonon.
Un accord est signé avec Zeiss sur l’optronique de défense. Racal et Avimo apportent Heim (enregistreurs) et Neeb-Optik.
En 2002, Thales a repris les activités de défense du groupe Sema (anciennement ADV/Orga) à Wilhelmshaven et à Brême. Thales et Sema avaient déjà coopéré par le passé, par exemple avec les frégates F124 et les corvettes K130 pour la marine allemande. Les sites historiques du nord de l'Allemagne nécessitèrent toutefois une adaptation des secteurs d'activité et le site de Brême fut fermé.
En 2005, les trois adresses actuelles de Wilhelmshaven furent fusionnées dans le quartier commun de Südstrand.
En 2010, l'ancienne filiale pour les systèmes de navigation intégrés déménagea de la Luisenstraße à Hambourg à Kiel. Dans le même temps, la répartition des tâches pour la simulation et le radar entre les sites autrefois associés de Coblence et de Kiel fut redéfinie. Kiel transféra finalement la responsabilité des systèmes terrestres et des appareils de visée nocturne à Coblence et Ditzingen.
En 2023, Thales en Allemagne comptait 2000 personnes réparties sur plusieurs sites :
• Ditzingen, le siège social, aussi en charge de systèmes satellitaires et aériens.
• iel et Wilhelmshaven se partagent le Marine Competence Center.
• Ulm en charge de communications spatiales.
• Hambourg en charge de systèmes IFE (In Flight Entertainment)
• Coblence abrite l’activité Formation & Simulation de Thales Deutschland.
• Munich orientée IoT, [3] banque et biométrie
[1] La DASA (initialement acronyme de Deutsche Aerospace Aktiengesellschaft) est la société qui succéda au groupe aéronautique allemand Messerschmitt devenu MBB.
[2] DST Deutsche System-Technik GmbH (formerly Radarleit and Philips System Technik)
[3] L'Internet des objets ou IdO (en anglais (the) Internet of Things ou IoT) est l'interconnexion entre l'Internet et des objets, des lieux et des environnements physiques. L'appellation désigne un nombre croissant d'objets connectés à Internet permettant ainsi une communication entre nos biens dits physiques et leurs existences numériques.